lundi 28 novembre 2011

aujourd'hui, ça fait trois mois

Trois mois.


Encore une fois, j'ai lu l'article des deux mois pour voir les changements. Et, oui, il y en a.


Les souvenirs se font de plus en plus lointains - comment c'était déjà, à Trou coin ?, comment j'ai pu ne jamais connaitre ces gens d'ici alors que je les connais depuis toujours ? Les choses continuent de défiler à la vitesse de l'éclair, tout s'enchaîne sans pause, et j'ai été obligée de lâcher un peu ce rythme. Maintenant, je suis là, assise sur le banc, à tout regarder défiler. Et surtout, je commence à réfléchir et à me poser des questions. À me demander s'il ne serait pas temps que je me rende compte à nouveau que je me précipite dans un cul-de-sac ; c'est un peu l'impression qui commence à se dessiner après ces trois mois d'indépendance.


Pourquoi ? J'anticipe (comme d'habitude). Je pense à ce moment où Ugo rentrera en France fin janvier, puis où ce sera le tour de Charlotte, et enfin peut-être de Maren. Oui, je sais ; tout ne s'arrête pas à eux. Mais c'est ma manière d'anticiper et d'angoisser en voyant que mon présent n'est pas compatible avec mon futur. J'ai également réfléchi à propos de ce projet de photos, pour me rendre compte pour la dixième fois à quel point je pars dans un trip utopique. Pourquoi ? tout simplement : Parce que pour être photographe, il faut trois choses. Être volontaire, savoir foncer dans le tas, et avoir des contacts/filons. Je n'ai rien de tous ces trucs, et je n'aurai jamais rien de tous ces trucs - ce qui éclaircit déjà pas mal la situation.


Je vous arrête tout de suite : Malgré ce que l'on pourrait en penser, ce n'est pas négatif du tout. Ce n'est que mon ressenti là-maintenant, après trois mois passés ici. Je ne compte pas baisser les bras, et si je suis à Berlin en ce moment, c'est tout à fait pour tenter quelque chose d'impossible. Je pense que cette ville est faite pour ça : Réaliser l'irréalisable. On ne peut jamais savoir, avec Berlin... Alors on verra bien.


Bref, voilà. Trois mois passés ici, c'est rien. Et pourtant, j'ai l'impression d'être ici depuis toujours, et de rêver chaque nuit que je suis dans cette ville pourrie du Nord de la France. Je commence à me dire qu'il faudrait peut-être apprendre l'allemand, mais moi qui suis si nulle en langues étrangères (après tout ce temps, j'ai encore du mal à gérer l'anglais oral quelquefois), j'me dis que c'est pas gagné. Du coup, prise d'un élan de motivation, je lance un "wir mussen auf deutsch sprechen" plein d'entrain à Maren, qui me répond "ok", et puis finalement j'abandonne parce que ; la flemme.


Sur ce, je m'apprête à commencer ce quatrième mois qui sera certainement plus magique que les autres pour une raison : Noel ! Ouiiii.

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