lundi 23 avril 2012

aujourd'hui, quart d'heure de la honte même qu'on s'est bien marrés

Bon, j'ai quand même, en l'espace de trois jours, vécu des moments plutôt foufous. Du coup je partage, que voulez-vous.

Ca commence hier soir, où j'ai rejoins Christelle et ses amis d'Erasmus pour nous rendre au bar Dr Pong pour les résultats du premier tour. Comme j'ai dis à Christouf, moi et la politique ça fait deux, mais c'est quand même bien de se sentir un minimum concernés - or, c'est pas en étant à Berlin qu'on a pu vivre les campagnes au jour le jour, ce qui n'est au final pas plus mal. Mais quand même. Du coup, j'aurai vu pour la première fois hier soir Hollande, Joly et d'autres foufous faire leurs petits discours. 

Evidemment, il n'y avait dans le bar que des français, et l'endroit plutôt petit (on y joue au ping-pong normalement) n'est pas forcément adapté pour accueillir autant de monde. Mais on l'a fait. Tous les uns sur les autres, le regard vissé sur le téléprojecteur, des hurlements de joie ont explosés de partout lors de l'annonce des résultats. ...bon, il serait temps que je me sente un peu concernée par tout ça moi.

C'en sont suivit discours, avec les deux Le Pen grassement hués, Mélenchon et Hollande acclamés et Sarko...hué également. Joly a été applaudie, et c'est vrai que son discours était choupi. Bref ; il était clair que la majorité des français-berlinois dans la salle étaient ce soir-là, de gauche. Moi, cette soirée m'a juste servie à me rendre compte que je n'aurais jamais dû voter en ayant juste lu les programmes. Un vote, c'est rien, mais j'aurais préféré m'abstenir - par là, je veux dire voter blanc ou voter autre chose. Qu'en sais-je. N'aimant plus la France pour ce qu'elle est aujourd'hui, j'ai forcément envie de changer les choses, mais ce n'est pas en donnant son vote à un candidat parce que tout le monde le fait, que j'aurais dû suivre le mouvement.

Ma soeur s'occupant de ma procuration, et venant me rendre visite lors du deuxième tour, je n'aurai pas à voter et j'en suis un peu rassurée. Enfin, pas trop, parce que du coup je ferai partie du taux d'abstention et je risquerai ainsi de me priver de coca pour me punir, mais il vaut mieux ça plutôt qu'un vote donné au hasard.


Deuxième anecdote, une belle petite honte pour la chère Agné. Me déplaçant sans tickets depuis quelques semaines (parce que ça coûte cher), j'avais toujours eu de la chance en ne rencontrant aucun contrôleur dans les transports. J'avais pourtant préparé des petits plans diaboliques au cas où je tomberais sur quelques-uns d'entre eux, sortant la carte maîtresse de la touriste perdue qui ne parle point allemand, ou de la pauvre fille étourdie qui cherche son ticket dans son sac pendant dix minutes sans le trouver, voire même l'option "Fugitive", qui consiste à se barrer en courant, en renversant les mémés derrière moi pour faire obstacle, mais je n'en n'aurai pas eu besoin.
Parce que c'est venu d'autre part. Prenant le bus le matin pour aller au boulot, j'ai décidé de le prendre ce soir pour rentrer, le M1 ne circulant pas pendant deux semaines. Comme je le fais toujours en France, je ne montre jamais mon ticket en montant dans le bus comme tout le monde le fait, puisque je pensais que ce n'était pas obligatoire.

Sauf que...

Entrant, comme à mon habitude, dans le bus plutôt bondé (sinon ce serait pas drôle), je m'avance vers l'arrière du bus après avoir esquissé un sourire poli au chauffeur et remarque après quelques secondes que tout le monde me regarde, amusé. Je retire mon casque et me retourne. Le chauffeur était sorti de sa petite cage et m'avait suivit - il m'avait sans doute hélé, mais musique à fond, impossible d'attirer mon attention. Bref. Prise de cours, impossible de préparer un de ces scénarios top-cool. Le monsieur me parle en allemand, je ne prends même pas la peine d'écouter et sors un "ich spreche nicht deutsch monsieur", mais rebelote. Il finit par dire "ticket", je fais mine de comprendre de quoi il parle. S'en suit le "Aah, bien sûr que je l'ai le ticket, voyons ! Tu me prendrais pas pour une pourrie toi, quand même ?". Notons quand même qu'en le voyant arriver, j'aurai repéré la sortie la plus proche et aurai pensé l'espace d'une seconde de me barrer en courant, histoire d'ajouter un peu d'action et de drame à cette scène alléchante. Je fouille mon sac, et voyant que le chauffeur attendait et que tout le monde me dévisageait, je lui dis un truc du genre "ich gucke, sie können, euh...conduire, là-bas, sisi, vas-y je te rejoins". Je fais mine de chercher pendant approximativement une heure et quarante-huit minutes en sortant tous mes tickets (qui sait, peut-être qu'il y en avait un pas composté...ou peut-être que j'en avais acheté un sans m'en rendre compte), et finis par me rendre à l'évidence : Il va falloir que la honte aille encore plus loin. Je me rapproche de ce cher chauffeur-copinou et lui explique que je ne retrouve pas mon ticket. Mais que je vais en racheter un. Parce que j'ai perdu l'autre. Promis, c'est vrai ! C'est sûr qu'avec mes talents d'actrice, il a dû complètement me croire... En retournant m'asseoir, je me suis dit que tous les gens dans le bus devaient se dire que j'étais qu'une petite conne.

Mais bon, je le méritais.

C'était le quart-d'heure de la honte, par Agnès.

Troisième histoire fofolle : J'ai finis mes 59h30 de Scrubs, tout pile un mois après avoir reçu mon coffret. La fin la plus triste et la plus jolie des séries que j'ai pu voir, du coup j'ai pleuré à moitié.

Voilà.

Je m'en vais ?

D'accord, je m'en vais...

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