vendredi 12 avril 2013

aujourd'hui, j'ai lu, j'ai vécu, je vis

Août 2012 -

Je me rends compte doucement de l'intensité folle qui émane de ce livre que je suis en train de lire.

J'ai commencé la lecture fin août dernier. J'avais déjà lu quelques nouvelles auparavant sur un sujet se rapprochant, et ça m'avait pas mal marquée. Alors pourquoi pas celui-là ? 
La première fois que j'eu l'ouvrage entre les mains, la couverture était noire. Le livre, fin comme un cahier. Pas de quoi s'y extasier. La seule chose inscrite sur la page souple et cartonnée était discrète et s'affichait au centre en lettres capitales blanches.
BERLIN
Je n'ai pas hésité à franchir la première page. Immaculée. Ce foutage de gueule ! Le bouquin m'avait coûté le prix d'un billet de bus Eurolines et commençait à me laisser la même impression : Un prix dingue, tout ça pour se niquer le cul sur un siège défoncé pendant douze heures de suite - j'espère que t'as apprécié le voyage, pauvre conne. Et puis, doucement, des lettres sont apparues. Des mots, des phrases. La voilà, cette putain d'histoire. Au rythme de ma lecture, les lettres se dessinaient. La première phrase inscrite était le titre du premier chapitre sans aucune autre introduction :
1. Départ
On est d'accord, ce nom paye pas de mine. Et pourtant, j'aurai mis quatre mois à le lire. Le livre, intrigant, avait gagné mon attention. Une page, deux pages, et ça y est, il m'emmenait dans un tout nouveau monde - un monde que j'avais déjà touché des doigts pourtant, mais dans lequel je n'avais jamais osé m'aventurer. Tout était découverte. Un peu effrayant quelquefois parce qu'inconnu, un peu angoissant parce que tout l'est dans la vie. Mais je me souviens qu'au fil de ma lecture, les mots qui se dessinaient ont commencés à évoluer. D'un coup, ces lettres qui, au début, s'inscrivaient lentement sous une couleur d'encre noire terne et pourrie qualité discount commençait à prendre un peu plus d'allure. Plus je lisais, plus les mots se dessinaient rapidement, me lançant peu à peu dans un marathon fou qui ne m’essoufflait pas. L'histoire m'absorbait et me rendait curieuse. Tous les jours, le roman qui avait parfois des allures de documentaires façon Arte, m'emmenait dans un nouvel endroit, m'infiltrait dans des têtes différentes, me faisait découvrir des nouvelles saveurs et de nouveaux sentiments. Le paysage qui m'apparaissait comme un brouillard dans lequel se dessinaient quelques sombres voûtes, a commencé à devenir plus clair. Fini, le discount, on avait atteint un nouveau level ; c'est toute une ville - la plus grande que j'avais jamais vue -, qui se construisait autour de moi.
Et puis, alors que j'étais arrivée seule dans ce monde, sont entrés en scène différents personnages. Les dialogues ont commencés. Ouvrez les guillemets, tiret, dialogue, fermez les guillemets. Dit-elle. Chacun avait une personnalité particulière. Je me suis rapidement attachée à eux - rien à voir avec cette conne de Bella qui passe son temps à être en chien sur un vampire vaseux pendant quatre bouquins, non non - ces personnages-là étaient de grands fous. Attachée à eux, autant qu'à cette ville. Alors, la course a continuée à leurs côtés à un rythme effréné, l'histoire s'est étoffée, les souvenirs fous se sont créés, tout avançait, sans pause, sans prendre le temps de se reposer, et puis je me suis souvenue que je lisais, et que bordel, j'avais jamais lu un bouquin aussi vite de ma vie. Cligne des yeux, cligne des yeux, pas le temps, merde ! Cette histoire commençait à me fasciner et je crois juste que je ne voulais plus l'arrêter.
Et, alors que je me décidais à m'arrêter deux secondes, les choses changèrent à nouveau. En retournant à ma lecture, l'écriture avec stoppée, laissant la moitié de la page blanche. Je tournai la page, alors que s'y inscrivaient au ralenti en lettres rayonnantes :
2. Rêvalité
L'histoire reprenait. J'avais pris mes repères dans ce monde qui était devenu réel dans l'imaginaire. Le livre, qui faisait maintenant la taille d'un dictionnaire, dont la couverture était devenue solide et qui avait une gueule plutôt classe, m'avait engloutie. Je me retrouvais dorénavant en plein milieu de ces paysages qui étaient devenus si familiers. Plus besoin de lire, les mots continuaient d'apparaître tout seuls dans ma tête. L'exploration ne s'arrêtait pas pour autant - j'avais juste gagné ma place. Maintenant, j'avais le droit de souffler (et de cligner des yeux, bordel, ce bouquin pense pas à ma santé), tout en continuant les nouvelles rencontres et les visites. Je prenais mes habitudes. À la ligne, ouvrez les parenthèses, tiret.

"-Et donc, tu fais quoi ici ?"
(...)
"-Et avant ?"
(...)
"-Quelles études tu as faites ?"
(...)
"-T'es là jusque quand ?"
(...)
"-Depuis quand ?"
(...)

"-Ouais, cette ville est magique. Tu te laisses juste entraîner là-dedans sans un moment de répit, sans jamais finir de découvrir, sans jamais dormir. Juste se laisser vivre. Y a quelque chose dans l'air qui a fini par rassembler dans un même endroit toutes ces personnalités atypiques qui sont toutes là pour la même chose. Et cette chose, si tu veux la trouver, tu la trouveras. La réponse que tu cherches, elle se trouve ici. Ferme les yeux, crie, pleure, hurle, ris, tombe, et relève-toi. C'est ici que tout commence."

Mais est-ce que c'est ici que tout finira ?

J'ai maintenant finis ma lecture. Le second chapitre s'est terminé il y a quelques semaines, et seul ce petit "3", indiquant le prochain chapitre, s'est inscrit. Rien d'autre.
Cette histoire, ou en tout cas le début, était magnifique et inoubliable. Je sais que la suite le sera aussi sauf que j'ai fini par comprendre une chose : Que c'était à moi de l'écrire. Si ce bouquin avait coûté le prix d'un billet de bus, c'est parce qu'il en était un. Qu'il n'y avait pas eu d'introduction avant le premier chapitre, parce que l'ensemble était l'introduction. 
Et puis, j'ai compris pourquoi les lettres ne s'écrivaient plus automatiquement. Le destin n'a rien à voir là-dedans, tout est question de choix. Cette lecture était dingue, mais passive. On ne peut pas passer sa vie à lire, ça fait trop mal aux yeux au bout d'un moment. Se laisser porter et laisser les choses s'inscrire est rassurant, mais pas productif. Je veux laisser ma trace aussi, et pouvoir dire que, oui, ce livre est le mien, et que ce moment précis est arrivé parce que j'aurai fait le maximum pour que ça se soit produit. Parce que c'était mon choix, et qu'il aura du coup conduit à un truc purement exquis. Et je le sais, que les futurs moments seront parfaits. Et que d'autres le seront moins. À moi d'avancer et de choisir ce que cette page blanche racontera. J'ai des plans, j'ai mes projets, et je veux continuer d'écrire cette histoire avec la plus belle encre et y inscrire tous ces trucs de tarés que je continuerai de découvrir pendant mon exploration.
Alors, prête ?
Aucun doute...

3.____






1 commentaire:

Anonyme a dit…

Pas mal ; )