samedi 6 juillet 2013

aujourd'hui, j'ai déménagé

Coucou, été ! Encore une époque particulière qui ne m'aura pas permise de beaucoup me reposer. En premier lieu, après une recherche intensive d'appartement, j'ai enfin trouvé celui qu'il me fallait !

Me voilà donc maintenant aujourd'hui officiellement locataire de mon tout premier appart'. Y a de quoi être ému. Alors voilà, j'avais rêvé de vivre à Berlin depuis des années - et j'ai réalisé ce vœu en arrivant en août 2011. Mais j'ai complété ce désir en cette fin du mois de Mai lorsque j'ai pénétré pour la première fois dans cet appartement qui portait mon nom de famille à la porte d'entrée.

Je ne serai jamais allemande, jamais. C'est quelque chose dont j'ai pris conscience ces dernières semaines, alors que j'ai dû faire face aux sévères lois allemandes, à leur strict et leur droiture tout d'abord, mais surtout à cette barrière de la langue qui m'a presque rendue triste, alors que je devais rédiger des lettres et passer des coups de fils administratifs en allemand sans jamais comprendre intégralement et sans jamais être intégralement comprise. Ils ne font aucun effort, n'ont aucune pitié, et alors que je pensais au début être en tort pour ne pas pratiquer la langue, j'ai fini amère contre eux qui n'essayaient pas (toujours) de m'aider.

Je ne serai jamais allemande, mais je suis berlinoise.
Je ne comprends toujours pas la moitié des discussions superficielles, des phrases qu'on me lance à la caisse d'un supermarché, des blagues qu'on me pouffe dans une épicerie. C'est frustrant, parce que ces discussions jetables sont toujours un rayon de soleil dans la journée parce qu'elles sont justement courtes et éphémères. Or, lorsqu'un allemand me crie à la gueule parce que j'ai roulé deux mètres à vélo sur un trottoir ou parce que j'ai eu le malheur de traverser au rouge, je comprends. Pas parce que je reconnais les mots, mais parce que je comprends l'agressivité. Seulement voilà - j'ai le plaisir d'être berlinoise. Et être berlinois, c'est être ouvert au monde, marcher le coeur léger et surtout, accepter ce côté international qui n'a jamais été aussi important dans la capitale.

C'est quelque chose que j'aurais toujours pensé dénigrer - je déteste ces gens qui ne font pas l'effort de parler en allemand, parce que c'est pourtant la langue officielle de la ville. D'ailleurs, ça étonnait Mario (qui est allemand) que je mette un point d'honneur à régler ce problème d'abonnement internet intégralement en allemand, quitte à y perdre de l'argent parce que je ne pouvais pas dire tout ce que je voulais. Bien sûr, que ces gens peuvent parler anglais - mais il ne m'est jamais venu en tête de le leur demander. C'est quelque chose que je respecte parce que je ne l'ai jamais accepté en France. 

Seulement... Je sens aujourd'hui que cette glace entre moi et les allemands est plus réelle que jamais : Il m'est impossible de m'exprimer, d'apprendre à les connaître et de discuter avec eux comme je le voudrais. Et entendre parler anglais (pas français, non, jamais français) dans la rue me fait toujours du bien : Parce que je comprends.

Je pense que si je dois quitter un jour ma ville, ce sera sans doute parce que la glace se sera transformée en mur.

Mais je ne suis pas encore là, oh non ! J'ai mon appartement, donc, ai pratiquement bouclé ces merdes administratives et prends ça de la façon la plus positive possible : Moi qui avait toujours eu peur, plus jeune, de devoir un jour me confronter à cette vie d'adulte et ces paperasses, inquiète de me perdre et de ne pas comprendre, eh bien j'ai réussi ; et en allemand ! C'est une force parce que je sais que je ne pourrai jamais faire pire (jamais, jamais je ne finirai en Russie à devoir lire des papiers dans ce langage gribouillis).

Malgré ma flemme maladive, j'avance, quand même. À pas de fourmis, pas comme je l'aurais souhaité, mais hé ! je ne peux pas aller au-delà de mes capacités, et encore moins sans ambition. C'est également autre chose que j'ai appris : Ca viendra avec le temps. Et si ça ne vient pas, l'important c'est que je me sente bien.

J'envoie le blizzard aller se faire enculer, et tant pis s'il ne m'entend pas : Je le sais, et ça me suffit !






































1 commentaire:

Jubi a dit…

Bel article ! :)
Ca fait toujours plaisir de lire tes aventures berlinoises.
à bientôt :)