J'aurais voulu écrire un article pour mes deux ans berlinois en temps et en heure - mais c'est une première chose que je pourrais conclure : ce n'est pas ici que j'ai appris à être ponctuelle.
Voilà, deux ans après (un peu plus du coup). Le 27 août dernier, je me souviens avoir célébré ma première année en allant boire un verre avec mes deux british préférés, Jess et Chris. Cette année, j'ai voulu les passer seule.
Après une journée de travail, j'ai pris mon vélo à deux mains, mon bouquin, mon mp3, et me suis dirigée vers mon jardin de 52 hectares. Une fois la nuit tombée, alors qu'un groupe d'une vingtaine de jeunes célébrait une nouvelle rentrée dans la joie et la bonne humeur, je me laissais à la nostalgie, perdue dans les étoiles. Je n'ai pas refait les deux années passées dans ma tête, mais une bonne partie, et me suis même étonnée de me rappeler de certaines choses. Avec toutes ces musiques qui défilaient dans mes oreilles et me rappelaient des époques vibrantes qui dataient d'il y a six mois, un an, ou trois jours, je me suis mise à frissonner, même si c'était en grande partie parce qu'il faisait froid.
Ca m'a rappelé que j'avais vraiment été bête, en août 2011, de me pointer juste à la fin de l'été. À ce moment précis, j'ai vécu deux hivers et deux été et redoute ce troisième hiver qui arrive. Tout le monde en parle ici. L'hiver, à Berlin, n'est pas toujours facile.
Bref, entre deux piqûres de moustiques, je me suis souvenue alors, là, allongée dans l'herbe, à quel point j'avais de la chance. Sans porter aucun jugement quand au passé, au présent, ou à l'avenir. J'ai juste conclu que j'avais de la chance d'avoir vécu tout ça. Je me suis sentie heureuse.
Malgré l'été et le soleil de plomb, ces derniers mois n'ont pas été des plus faciles. À cause du boulot, d'un manque d'intimité (vivre avec son frère est génial, mais dans une pièce de 15m² pendant un mois, bof), des sous. Ces angoisses que j'avais enterrées en arrivant ici et toujours redouté qu'elles reviennent un jour, les sentant gronder parfois dans ma tête et mon ventre, sont revenues. Pour la première fois ici, à Berlin, me prouvant que cette ville n'était pas magique. C'était quelque chose qu'il fallait que j'affronte et comprenne de toute façon. Que la vie n'est pas simple uniquement parce qu'elle est belle. Si j'ai eu cet accès de peur, c'est parce que je me suis rendue compte à quel point j'étais faible. La peur constante, la confiance en soi et l'estime de soi en-dessous de zéro, ajoutées à une pincée de flemmardise m'ont toujours amenée à faire des choix faciles et confortables. Si je suis partie à Berlin en août 2011, ce n'était pas par courage, c'était parce que c'était mon choix de simplicité. C'est paradoxal évidemment ! Mais si je suis venue ici, c'est parce que je voulais me sentir bien sans devoir courir après le bonheur. Parce que le bonheur était là, tout le temps. Cette ville m'avait toujours apaisée et m'apaisera toujours comme elle l'a fait lors de cette soirée du 27 août 2013 alors que je me ressassais tous ces élans de joie que j'ai pu ressentir ici. Aucun de ces mauvais souvenirs ne m'est venu en tête - parce que ça ne sert à rien. J'apprends de mes erreurs, et continue de garder malgré-moi un bon coin de ma tête pour y penser chaque jour, mais sais très bien que ça ne sert à rien puisque ça ne vient que de moi et je ne pourrai jamais rien y changer. Toutes les bonnes choses qui sont arrivées ici, ont été grâce à mes amis et aux belles surprises de la ville. Toutes ces peines sont venues de ce coin de ma tête qui ne s'éteint pas. Ca n'arrivera jamais, je finis par penser que des angoisses ne disparaissent jamais. Tout comme ces rencontres que je continuerai de faire et ces amitiés que j'ai construite.
C'est ça, ma conclusion de ma deuxième année en tant que berlinoise expatriée. Que le bonheur et la mélancolie ne se décident pas, mais doivent se vivre toutes les deux. Lunatique comme je suis, je vis mes bons comme mes mauvais moments à fond mais n'en garde que les plus importants en tête : ceux qui m'ont fait sourire. Les mauvais roupillent dans mon ventre et mes tripes et se réveilleront pour me rappeler à quel point je suis chanceuse, vraiment.
Ci-dessous, toutes les photos depuis août 2011 jusqu'à août 2013 qui étaient restées depuis dans le fin fond de mon portable






























































































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