samedi 26 avril 2014

aujourd'hui, la nouvelle introspection

C'est derniers temps, ça a été l'époque spéciale de l'année nommée "introspection". Alors que je dois faire des choix et apprendre à ne plus refaire les mêmes erreurs, j'en arrive à ce point stratégique de la connaissance de soi. Pas facile. Gosse, dans le brouillard, j'ai toujours pensé que tout deviendrait plus clair quand on grandirait. Que les adultes avaient leurs envies, leurs buts, leur crédo, et qu'ils s'y tenaient et suivaient le plan comme c'était inscrit. Maintenant que j'arrive à ce point, je me rends compte que j'étais vraiment une gosse stupide.

Parce que pour tout vous avouer, mon introspection ne m'a amenée à rien. J'arrive toujours pas à me comprendre, ni à comprendre les autres. J'arrive pas à savoir ce que je veux, ce que j'aime vraiment, et quand j'aime quelque chose. Je me souviens de ce mot que ma mère m'avait écrit il y a un bout de temps et dont une partie disait "Arrête de dire "Je ne sais pas", ou "Ca m'est égal". Force-toi à répondre "oui", ou "non"". C'est quelque chose que je respecte profondément et qui demeure inscrit dans ma to-do liste. Je n'y peux rien. Je sais jamais ce que je veux. Ou alors, j'ai peur de blesser les gens. Ou alors, je préfère leur laisser le choix parce que j'ai la flemme. Je sais pas.

Je sais pas ce que je veux faire de ma vie. Je sais pas ce que je veux manger ce soir. Je sais pas ce que je veux faire comme boulot. Je sais pas combien de temps je resterai à Berlin. Je sais pas si je saurai quoi que ce soit un jour. Ces moments de doute sont paralysants et fatigants.
J'ai toujours cette extase du vendredi soir, de commencer enfin le week-end, puis la peur qui suit directement après, parce que j'ai peur que mon week-end soit complètement naze. Pourquoi ? Parce que je sais jamais quoi faire. J'ai pris l'habitude de suivre les gens et de me vouer à leurs envies, parce que j'ai du mal à m'intéresser à quelque chose de spécifique par moi-même et, surtout, à faire des choix.

La motivation, on pourrait en parler aussi. J'ai découvert le mot "procrastination" bien trop tard, alors que j'ai passé ma vie à le mettre en action. Dites-moi franchement, est-ce qu'il y a plus horrible dans la vie que de devoir sortir de son lit tous les matins ? Et puis le boulot, merde quoi. Devoir se concentrer pendant 8 heures : impossible. Trente minutes, c'est déjà beaucoup trop. Devoir sortir le soir pour faire la fête : Dur. Et puis, une fois au bar, trouver la force de se lever pour aller prendre un verre. Merci le selbstbedienung. Apprendre l'allemand, aussi. Chercher un nouveau taf. Taper sur son clavier. Nourrir le chat. Se nourrir. ARGH.

Ce que je comprends pas, c'est "pourquoi". Pourquoi je sais pas ce que je veux, pourquoi je suis une flemmarde. Je rêve du contraire. Je rêve d'être sûre de mes choix et de pouvoir me dire "ce week-end je fais ça, qui veut suit !". C'est même pas par flemme que je ne fais pas bouger les choses, mais bien parce que je n'ai aucune idée de comment le faire. Alors, j'ai adopté une nouvelle stratégie qui est un de mes grands buts dans la vie : Me rendre heureuse. Y a rien de plus difficile que ça, mais j'ai trouvé les points stratégiques pour commencer sur de bonnes bases. 

- Arrêter de s'en vouloir. En cas d'angoisse, je ferme les yeux, je respire, j'écoute Blizzard, je pleure un coup. Ca ira pas mieux tout de suite, mais je sais que demain tout ira déjà un peu mieux. Les choses ne peuvent pas continuer à aller mal, parce que les choses évoluent.
Le problème sur lequel je trébuche encore à ce sujet, c'est que je sais jamais si je devrais m'en vouloir ou si j'ai le droit de m'en foutre. On a tous une part de responsabilité au final, alors pourquoi est-ce que ce ne serait jamais ma faute ? C'est tellement facile de rejeter la faute sur les autres, ce qui m'amène au second point...

- Arrêter de détester les "autres" : J'aime pas les "autres". Pourquoi ? Parce que c'est l'inconnu, et que l'inconnu ça fait peur. Alors, je décide d'en rester éloigner et de baisser les yeux. J'ai tendance à avoir ce comportement de conne dans les lieux publics. Je prends comme exemple il y a deux jours, cette fille qui était assise en face de moi dans le tram. Elle avait les jambes croisées et touchait du pied ma jambe. Ca m'a énervée - ils peuvent pas faire attention sérieux ?! - et je l'ai fait comprendre par de long et douloureux soupirs. Au final, elle aura jamais pigé et moi je serai restée haineuse et honteuse. Honteuse de mon comportement. La deuxième anecdote qui m'a fait prendre conscience s'est déroulée au club samedi dernier. J'étais partie danser et la piste était blindée. Finalement je me suis trouvé ma petite place pour apprécier le moment comme je pouvais - jusqu'à ce que deux filles se faufilent et me bouffent mon espace vital en se mettant juste devant moi. L'une m'ayant un peu poussée, je lui ai jeté ce que j'appelle le "deadly look". Elle m'a jeté un petit "sorry" avant de se retourner vers le DJ. J'ai passé les deux minutes suivantes à lui jeter toutes mes ondes négatives possibles pour la remercier comme il se doit de m'avoir gâché mon moment, jusqu'à ce que je me rends compte qu'elle ne se rendait compte de rien, parce qu'elle pétillait de joie. Elle souriait à tout le monde et c'était sincère. Finalement on a commencé à parlé et on a passé un très bon moment - elle a même fini par me dire que je lui faisais penser à sa meilleure amie qui est en Italie et que ça lui faisait vraiment du bien.
En quittant le club, je me suis rendu compte de un, que je m'étais gâché mon moment par moi-même, et de deux, que les "autres" sont importants. Elle m'a laissé avec un sourire à l'idée d'avoir répandu un peu de joie ce soir-là. Je repense à ce troisième exemple qui s'est passé aujourd'hui même, tout banal. Moi qui éternue dans le tram, et cette jeune femme assise à côté de moi qui répond "Gesundheit". C'est rien, c'est que dalle, mais ça m’embaume le coeur et ça m'aide à me dire que l'humanité est pas complètement pourrie. Ce sont de petits trucs comme ça qui sont importants pour arriver à se sentir bien avec les autres, mais aussi avec soi-même. Du coup la transition est super...

3. Aime-toi et la vie t'aimera - ok, c'est super niais, et en plus je sais pas encore comment faire. J'y travaille, mais en attendant je sais pas et ça m'est égal.

J'ai une collègue au boulot qui vit d'un optimisme dingue. À chaque fois, elle m'éblouit avec ses ondes positives et ça me fait un bien fou de l'avoir à mes côtés. Elle a réponse à tout, elle trouve quelque chose de bien à répondre à tout. Elle est souriante, sociable, chaleureuse. J'ai besoin d'être comme ça, je veux être comme ça, et j'espère être comme ça un jour.

En attendant, je me force à combattre ma flemmardise et sors dès que j'en ai l'occasion pour profiter du soleil, des autres, et de pouvoir échanger des sourires. Et vous savez quoi ? Moi qui avait pas envie de me bouger, de rencontrer d'autres gens, et de sortir...et ben ces moments-là, bien que difficile à organiser, se sont révélés au final épiques.

Ci-dessous certains moments qui eux, n'ont jamais été "a pain in the ass" ;)

Birthday party - 09.03






Playground photography















Institut de l'anatomie abandonné





















Abandoned bowling alley




Villa détruite pendant la guerre










 Tom & Aida's birthday celebration




Next day - second barbecue



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