J'ai toujours su trouver un bon côté aux quatre saisons. Certains aiment le froid, certain aime la châleur, certains n'aiment rien du tout, mais je crois que je fais partie de ceux qui arrivent à apprécier les quatre saisons. L'automne, parce que la vie devient un cocon et que l'on redécouvre son chez soi. Les feuilles des arbres commencent à jaunir, puis à tomber, recouvrant le sol d'un tapis aux couleurs fades. Les degrés tombent et les couleurs vives s'éteignent doucement. Et puis, les feuilles deviennent crades et dégueulasses jusqu'au jour suivant où elles auront disparues comme si elles n'avaient jamais existées. On sort les manteaux et nous abritons sous nos couvertures, parce que l'hiver est là, les illuminations de décembre éclairant le monde assoupi. La neige finit par tomber au ralenti et la tristesse de la vie devient alors belle lorsque les passants marchent, croisant des ombres qui courent pour se réfugier sous un silence glacial. Ceux qui s'aiment se retrouvent enfermés chez soi et profitent de moments qui ne dureront pas. Si vous vous arrêtez un instant, peut-être que vous entendrez le sol vibrer, peut-être que vous sentirez ces âmes assoupies qui rêvent au coin du feu. Jusqu'à ce qu'elles se réveillent quelques secondes plus tard au même rythme que les bourgeons qui apparaîtrons à nouveau. Sachez-le, à chaque printemps, on assiste à des millions de renaissances : celle de soi-même en premier. Il est l'heure du réveil et de s'ouvrir à nouveau. De prendre à nouveau le temps de découvrir, les yeux encore à demi fermés parce que trop éblouis par la lumière qui surgit du sol. Et puis, tout s'accélère à un rythme effréné quand vient l'été : la saison folle. Les maisons sont désertés, les corps mêlés sous un soleil qui explose et expose. Impossible de se cacher dorénavant puisque l'ombre n'existe plus. Qui est-ce que ça dérange ? Et puis dansez, dansez, dansez.
On a eu droit ce weekend aux derniers véritables rayons de soleil de l'année (sans aucun doute, on avait eu le même coup début octobre l'année dernière où le temps avait été magnifique à nouveau, jusqu'à ce qu'il devienne gris pendant les cinq mois suivants), et on en a déduit qu'il fallait en profiter au maximum.
Avant ça, je suis retournée mercredi dernier pour une longue balade vers le Festival de la lumière, avec Chris et Christina.
Vendredi soir, Hélène (une collègue de boulot de Chris) organisait quelque chose chez elle et nous avait proposé de venir (disant à Chris "tu penses qu'Agnès ramènera son appareil photo ?", je devrais penser à les faire payer). Bon. Après un plat de lasagnes engloutis chez moi, Chris, Paul, Jess, Pierre et moi-même nous sommes dirigés chez elle. Pas super motivée pour la soirée, j'aurai quand même suivi Paul et Chris au club Sisyphos (quand j'ai envie de rentrer chez moi, je me dis toujours "allez quoi merde, bouge ton cul, tu vas pas commencer à te plaindre maintenant que t'as l'occasion de faire des trucs funs !") jusqu'aux aurores.
Le samedi, j'ai rencontré Bonaparte avec Jess. Et on est allés à une expo photo pas top sur les photos Fashion. C'est pour ça que c'était pas top. J'ai du mal avec les photos toutes programmées. C'est joli quand c'est naturel. C'est joli quand c'est original. C'est moche quand tout est préparé à l'avance et qu'on a droit à une copie d'une copie d'un chez-d'oeuvre (qui était, à l'époque, original) devant les yeux.
Au soir, nous sommes retournées au restau Bretons avec Caro et Paul pour manger une galette et une petite crêpe au chocolat. Rentrer chez soi un samedi soir avant 23h ? C'est possible. Et c'est cool.
Ainsi, nous étions tous levés assez tôt le dimanche après-midi pour aller au stade olympique. Le stade avait hébergé les J.O de 1936, J.O connus pour la propagande effectuée et la montée imminente du Nazisme. Une visite intéressante, mais je n'aurais pas été contre un guide audio pour m'expliquer tous les trucs à savoir. Le stade sert encore aujourd'hui pour certains évènements, mais on peut toujours trouver quelques signes de cette époque perdue d'avant-guerre. Rien sur Hitler évidemment, toutes les statues et autres emblèmes dégueulasses à son nom ou à ses tristes potes nazis ont été retirés. Cependant, deux plaques géantes sont toujours accrochées aux murs à l'entrée du stade, répertoriant toutes les médailles gagnées lors des jeux. Et puis, à côté, l'endroit où vibrait autrefois la flamme olympiques sous les yeux de milliers de spectateurs qui saluaient les athlètes à base de saluts nazis.
Un peu plus loin, le centre équestre et une tour immense qui servait je pense de tour d'observation. Tour qui aura été détruite pendant la guerre, puis reconstruite selon les mêmes plans. On y a fait un tour, la vue y est magnifique - à l'est, une ville morne cachée sous un rideau de pollution ; à l'ouest, une étendue de végétation gâchée par deux énormes buildings. Non, Berlin n'est certainement pas une belle ville à contempler du ciel. Mais une fois que l'on en connait ses cachettes et ses merveilles, on ne peut observer ce paysage gris qu'avec un sourire aux coins des lèvres. Berlin est belle dans mes souvenirs.
Profitez de cette semaine et de ces belles feuilles jaunes qui survivent encore sur les branches. La semaine prochaine, elles auront toutes disparues. Comme tout ce qui a déjà disparu l'année dernière et qui laissera toujours sa petite tâche, qu'il pleuve, vente, qu'il fasse chaud ou que le sourire soit là sur nos visage. Jusqu'à l'année suivante, qui amènera du vent frais et de quoi se couvrir.




































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