jeudi 28 octobre 2010

32.

Journée d'hier ;

Je ne dors pas beaucoup, encore une fois (je précise quand même que "ne pas dormir beaucoup", pour moi, est égal à "dormir 7h"). Mais c'est mieux que de dormir trop.

Le temps n'est pas top, aujourd'hui. Enfin, il n'y a juste pas de trace du ciel bleu, et je m'y suis trop habituée pour qu'il disparaisse, maintenant ! Mais Axel, le prof de l'institut, nous avait dit que Berlin, en hiver, c'était vraiment pas agréable : Plus de trace du soleil du tout, la nuit qui tombe tôt, et un gros froid. Ca donne pas envie, mais d'un côté je me demande si ce serait si différent qu'à Tourcoing.

En sortant de ma chambre, je croise l'homme qui m'avait aidé à monter mes valises le premier jour. Il est dans la chambre en face de la mienne. On discute un peu ; il s'avère qu'il est en fait américain et vient de l'Utah (il a la quarantaine environ). Il me propose finalement de passer boire un thé un de ces quatre, pourquoi pas. Ca manque quand même de ne parler avec personne d'autres qu'avec des caissiers.
Bref, je reprends ma route, direction S-Bahn ring, changement à Tempelhof pour l'U6 et descends à Hallesches Tor pour me rendre au Musée Juif. J'y étais déjà allée en 2006 avec l'école, mais je me souvenais en avoir gardé le souvenir d'un musée un peu chiant, à part deux-trois trucs marrants. Pareil pour les profs qui n'avaient pas trop aimé...


Il y a une fouille à l'entrée (juste passage dans un détecteur, là, comme à l'aéroport). Cinq euros le ticket. Garde-robe gratuite.

S'il y a bien une chose géniale, dans ce musée, c'est son architecture. Rien n'est droit. Tout part n'importe comment, ça donnerait presque l'impression d'être dans un autre monde, c'est perturbant.

Deux choses que je n'avais pas oubliées depuis 2006 : La première, le jardin de l'exil. C'est un jardin, oui. Mais il y a, comme pour l'holocauste, plusieurs blocs de bétons tous situés parallèlement. Seulement, ces piliers sont penchés, le sol aussi. Ca donne le vertige.

Le jardin de l'exil

La deuxième chose est la Tour de l'Holocauste. On accède par une porte dans un endroit complètement renfermé, sans lumière. Il n'y a qu'une petit ouverture qui laisse entrer un peu de lumière vers le haut de la pièce. On entend un très léger fond de bruit de vie, mais malgré tout ce silence reste perturbant... On comprend finalement que cette pièce sert à se mettre à la place de tous ces juifs victimes de la Shoah.

cette photo n'est pas de moi, mais c'était pour que vous puissiez tout de même vous donner une idée de la chose

Bon sinon, le reste de l'exposition reste intéressante. Pour ceux qui sont vraiment intéressés. Non pas que je ne le suis pas, mais j'ai vraiment eu du mal avec la façon dont les informations ont été données, et quelles informations. Pas grand chose d'intéressant à mon goût...enfin, j'ai l'impression que l'on aurait pu se passer de certaines choses, et qu'il en manquait beaucoup d'autres.

Malgré tout, l'architecture folle de ce musée le rend indispensable lors d'une visite berlinoise, et l'atmosphère y est vraiment particulière. Faut juste s'entendre bien avec l'allemand et/ou l'anglais, sinon il n'y a aucun intérêt d'y aller...et je pense que c'est ça qui avait rendu pour moi la visite de ce musée complètement ennuyante en 2006, puisqu'à l'époque j'étais encore pire qu'une sous-merde en anglais.










Je serais bien allée ensuite à la Berlinische Galerie, le musée d'art moderne, mais il ne restait plus assez de temps.
Je rentre donc et m'achète une boîte de nouilles, encore. Plus tard, je croise à nouveau l'américain. On se pose et on parle pendant un peu plus d'un heure. Il parle comme un américain type...sans articuler. Et puis, à chaque fois, il finit par parler dans sa barbe et c'est encore plus difficile à comprendre. Je lui ai même demandé au début de parler plus lentement, mais il a oublié de le faire deux minutes après !  Mais, après un petit moment, j'ai réussi  m'habituer et à comprendre en général ce qu'il racontait. Oui, moi, Agnès, j'arrive à comprendre la moitié de ce qu'un américain me raconte, et ce sans sous-titre. Ca gère.
Il me raconte un peu sa vie ; il a habité à Leipzig pendant dix ans, et a finalement déménagé après avoir été quitté par sa copine avec qui il était resté pendant un moment. L'Amérique lui manque, mais il aime bien l'Allemagne... Il compte apparemment y emménager pour de vrai (ça fait deux mois qu'il vit dans cet hôtel, quand même). Il raconte qu'il a pas mal voyagé, enchaîné les boulots, rencontré des gens. Je remarque donc qu'il fait partie de ce type de personnes qui ne prévoit rien à l'avance, qui vivent au jour le jour, et je trouve ça vraiment respectable. C'est un peu le mode de vie dont je pourrais me satisfaire si je ne ressentais pas tant ce besoin de sécurité.

Il me donne des conseils, sur quoi faire l'an prochain, et m'encourage à venir habiter à Berlin en précisant quand je lui dis qu'il est difficile de trouver un boulot sans parler allemand que, non, puisqu'il y a toujours possibilité de trouver des petits jobs dans des fast-foods types McDo ou Burger King. Il m'a motivée, pour le coup.

Et il m'a dit que je parlais bien anglais. Si, si.

Bref, il faudrait peut-être que j'aille me laver les cheveux. Il va déjà être 14h et j'ai encore beaucoup de choses de prévu aujourd'hui !

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