lundi 26 septembre 2011

Aujourd'hui, ça fait un mois



J'écris un court article ce soir, parce qu'aujourd'hui ça fait un mois que je suis partie. Un mois, passé aussi vite qu'une semaine. Un compte-rendu est donc, je pense, le bienvenu.

Je suis arrivée à Berlin le 27 août dernier, après un départ difficile. Des au revoirs que je n'aurais pas pensé aussi durs, et une nuit bizarre passée dans un bus complètement glauque, avec des gens qui apparaissaient comme des ombres, et des connards de chauffeurs. La journée avant le départ, les réflexions habituelles d'avant-voyage me traversaient l'esprit mais étaient encore plus fortes que d'habitude ; "Pourquoi je fais ça", "ça ne sert strictement à rien d'aller là-bas", "je suis en train de faire une connerie", "maman j'ai peur". Le genre de réflexion qu'il faut tout simplement essayer d'oublier, parce qu'elles ne sont pas logique, elles viennent juste de l'angoisse du départ. Le pire, dans tout ça, c'est qu'en partant je ne savais pas quand est-ce que je reviendrais. Et ça, c'est dur. Et puis, le bus est arrivé, et puis je suis grimpée dedans, et puis une nouvelle histoire a commencé, dès l'instant où les portes se sont fermées et où j'ai vu la famille s'éloigner petit à petit. Je sentais que quelque chose de nouveau était en train de se faire, mais encore plongée dans l'angoisse (un peu calmée parce que, ça y est, j'étais partie), ça m'apparaissait vraiment bizarre.

Et puis, à 6h22, j'ai posé le pied à terre dans ma ville. À ce moment, oui, j'étais sereine, parce que je savais où j'étais et que je n'avais plus rien à craindre : Le plus dur était fait. Les premiers jours étaient pratiquement vides de sentiments et de réactions ; du moins c'est le souvenir que j'en ai. Je me vois, perdue, à chercher un appartement, à en trouver un, à faire les premières courses, mais c'est tout. Rien tout autour, comme si tout ça n'avait été qu'un mécanisme. Je me forçais à ne penser à rien, pour ne pas céder à l'angoisse. Je faisais ce que j'avais à faire, sans me poser de questions.

Les jours ont passés, le boulot a commencé, j'ai fait des rencontres, la vie est redevenue normale. J'ai pris mes marques, et j'ai commencé à me sentir chez moi. À démarrer quelque chose, seule. J'ai accepté que cette partie dans ma tête où se cachent toutes les questions, les trucs un peu obscurs et les angoisses se réveillent, et je les aient affrontées petit à petit, pour finir par pratiquement toutes les vaincre. Pendant ce moment-là, oui, ça a été un peu plus dur, mais une fois toutes ces choses résolues, la vie est repartie de plus belle et je commence maintenant chaque jour sereinement.

Evidemment, j'ai conscience qu'il faudra que je me décide pour ce futur proche qui arrive, et auquel je ne voulais absolument pas penser au tout début : La date du retour. Il y a quelques semaines, je comptais rentrer à la fin du stage, début décembre. À l'heure d'aujourd'hui, il m'apparaît comme évident que je dois rester. Pourquoi ? Il suffit que je compare ma vie à Tourcoing, et ma vie à Berlin. Pourquoi je veux rentrer, et pourquoi je devrais rester. Je m'imagine, rentrer, et recommencer comme avant : Ma vie, affalée dans le canapée, me lever à 14h ou bosser à la Poste en attendant que le week-end arrive. Ne jamais sortir, ne rien faire, avoir l'impression de ne pas avancer tout en regardant les autres évoluer. La partie de moi qui veut rentrer le plus tôt possible en France, c'est celle qui pense sans arrêt à ma famille, à Macky-chou et aux copains. C'est cette partie, qui rend la vie la plus difficile ici, mais même si elle est importante, je pense qu'elle ne devrait pas être prioritaire. Parce qu'en attendant, ici, j'avance. J'évolue. Je découvre de nouvelles choses, rencontre de nouvelles personnes, parle plus, me confronte à des situations inconnues ou différentes,et m'éclate plus que jamais.

Je sais que les choses continueront d'évoluer dans les jours et semaines qui viendront, puisque je suis lunatique comme jamais, et que demain je changerai d'avis et je voudrai rentrer chez moi le 9 décembre prochain. Alors, on verra, j'ai encore cinq semaines pour me décider. Ca me laisse le temps de vivre pleinement cette nouvelle vie que j'adore en attendant.

Conclusion de ce premier mois, donc : Berlin est belle, Berlin me fait rêver, Berlin m'embarque, Berlin me rend malade et me fait traverser plein d'aventures bonnes et mauvaises, mais toutes positives au final. Positives, parce que, oui : Je vais bien.

1 commentaire:

Aradan a dit…

Ben moi j'trouve ça trokoule que t'ailles si bien et tout et que tu veuilles rester. Et même si tu m'manques et certainement pas qu'à moi, ben, laisse pas ces choses là interférer, vis ta vie, on se verra quand même de temps en temps, que ce soit nous tes amis/ta famille qui vient te voir, ou toi qui rentrerais pour un temps pour repartir ensuite !

Faut pas t'inquiéter. <3